Agriculture

Le Conservatoire national des arts et métiers ouvre sa cour au jardin



En plein cœur du 3e arrondissement de Paris se cache un nouveau jardin partagé. Grâce à la détermination du conseil de quartier, la générosité du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et la bienveillance de la régie de quartier Paris-centre, Au ptit Verbois de son petit nom est né en juillet 2015.

Jardin du Cnam
© Régie de quartier Paris-centre

L’appel des habitants du quartier Arts et Métiers a été entendu. Leur jardin partagé, ils l’ont eu ! Après plusieurs demandes de la part du conseil de quartier, le projet a été adopté et porté par la régie de quartier Paris-centre. Le Cnam a alors mis à disposition une cour spacieuse pour accueillir ce futur espace de convivialité et de cueillette situé à l’angle de la rue Vaucanson et de la rue du Vertbois.

Un espace dallé de 130 mètres carrés est désormais à la disposition des habitants du quartier et du personnel du Cnam. « Dès le mois de juillet, nous avons commencé à défaire et à récupérer des palettes. Nous avons utilisé beaucoup de matériaux de récupération trouvés dans la rue, nous avons eu également des donations de toutes parts. L’idée étant de tendre vers une démarche durable. Les premiers bacs sur pieds ont été finalisés en septembre et au fur et à mesure il y en a eu beaucoup d’autres », explique Karine Perreard, chargée de projets à la régie de quartier Paris-centre.

Un projet qui a débuté de zéro, d’une dalle vide. De réunions en réunions, les idées se sont mises en place. En passant du projet à l’action, les habitants sont devenus acteurs de leur quartier. « Il a fallu bricoler pendant six mois pour pouvoir commencer à semer et à planter. Et croyez-moi, la mise en place d’un projet de A à Z, ça fédère ! » poursuit Karine Perreard.

Zéro pesticide, fongicide et autres produits chimiques artificiels de synthèse

Entre les bacs, un espace a été conçu pour ranger les outils, les palettes en réserve et également un composteur. « La Direction de la propreté et de l’eau va former au moins deux personnes sur le compost ; cela permettra d’avoir des habitants qualifiés qui pourront par la suite transmettre ce qu’ils ont appris », rajoute Karine Perreard. Dans le futur, d’autres bacs de compostage et un lombricomposteur viendront aussi s’ajouter !

« Ce jardin partagé amène une population hétéroclite. Des habitants apportent désormais leurs déchets verts au jardin, certains ne compostaient pas forcément. Ceux qui ne bricolaient pas, bricolent… On ressent une soif d’apprendre », développe Gérard Canesi, responsable développement durable du Cnam.

Et qu’est-ce qu’on plante ici ? Des fleurs, des plantes aromatiques à vocation médicale, des légumes… « Il y a eu une petite collecte de graines entre les jardiniers en herbe. Des plants ont été ramenés par les uns et les autres. Sinon c’est la régie de quartier qui achète des graines biologiques, nous en avons commandé à la ferme Sainte-Marthe – producteur de semences potagères biologiques – et chez Kokopelli – qui œuvre pour la libération de la semence et de l’humus et la protection de la biodiversité alimentaire », décrit Karine Perreard.

« Ce jardin répond à la charte sur la biodiversité d’Île-de-France, que le Cnam a signée et à la chartre Main verte. Ici, zéro pesticide, OGM, fongicide, engrais, produit et désherbant chimique. Il est écrit de laisser pousser certaines petites plantes sauvages qui s’installent dans les interstices. Doucement la végétation prend le dessus », sourit Gérard Canesi.

Chaque vendredi après-midi et samedi matin, des ateliers sont organisés par la régie de quartier Paris-centre. Les thèmes varient selon les envies et les demandes de chacun. Pour participer au jardin et aux ateliers, il faut habiter le quartier, faire partie du Cnam ou tout simplement être motivé et s’engager à venir régulièrement. Ensuite, une adhésion à la régie de quartier Paris-centre de 5 à 10 euros par an est demandée. Une fois ces formalités faites, un courriel est envoyé et une adresse groupée transmise pour avoir accès à toutes les informations du jardin. Aujourd’hui, 40 personnes s’affairent pour faire vivre ce jardin.

Les jardins partagés de Paris cartographiés pour mieux les repérer

« L’objectif était de s’ouvrir sur le quartier dans le cadre du Plan vert des établissements supérieurs qui a pour objectif d’aider ces structures à élaborer leur propre démarche de développement durable. Et faire de cette cour enclavée un lieu de vie et d’échanges pour le personnel du Cnam et les habitants du quartier », développe Gérard Canesi.

Déambulant entre les bacs pour s’assurer que les plantations se portent bien, un habitant qui s’investit depuis le début dans le jardin confie : « Autrefois, j’avais 4 hectares de jardin, je suis très heureux de partager mon expérience avec les autres. C’est un échange avec les voisins, c’est le plaisir de jardiner. Nous plantons ensemble puis les cueillettes sont partagées, récemment on a réparti le cerfeuil. »

Et pourquoi pas accueillir des ateliers jardinage pour les élèves des écoles du quartier ? Mettre en place des projets au jardin avec les foyers aux alentours ? Les projets sont lancés, les envies présentes et les initiatives prises au quotidien, il ne reste plus qu’à s’armer de patience pour les voir éclore.

Si vous aussi, vous êtes Parisiens et souhaitez participer à l’aventure des jardins partagés, le site de la mairie de Paris a cartographié tous les jardins existants par arrondissement. Dans chaque arrondissement, une association gère un jardin. Une fois votre jardin trouvé, contactez l’association pour prendre part à l’aventure.

Pour les plus ambitieux, il est également possible de créer un jardin partagé. Pour aider les porteurs de projets, le Centre ressource pour les jardiniers urbains anime des rencontres et des ateliers d’information. Le site de la mairie décrit chaque étape, vous guide pas à pas et vous livre des pistes pour réussir vos démarches. À vous de jouer !

 

Axelle Bibring-Pilliot

© Kaizen, construire un autre monde… pas à pas


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cdm le 01/07/2016 à 19:43

Les palettes ne sont pas traitées avec des produits mais à ultra haute température , selon les normes de transport alimentaire.

JLouis le 15/06/2016 à 22:08

Allons Vonvon, soyez plus ouvert à cette démarche. Si on s 'arrete à ce motif accessoire à peine le projet démarré , on avance à rien.
Il sera bien temps plus tard de revoir le sujet des palettes si ca devait poser problème.
Mais je vois pas bien en quoi ca pose probleme

Vonvon le 03/06/2016 à 19:25

"Zéro produits chimiques" mais utilisation de palettes... bizarre !