Bien-être

Confinés, les enfants doivent continuer de bouger

VB-1926

L’activité physique est indispensable au bon développement du jeune enfant. Même confiné en appartement, même sans jardin, il est important d’inciter les enfants à se mouvoir avec joie et en toute sécurité. Petit tour d’horizons des trucs et astuces pour transformer son appartement en terrains de jeux pour jeunes acrobates en mal d’exercices.

Tout le monde le sait. Les enfants, notamment les plus jeunes, ont un besoin impérieux de se dépenser physiquement, de bouger et d’agir. Entre 3 et 6 ans, ils ont horreur de l’immobilité imposée et sont incapables de rester assis et attentif plus de 40 minutes. L’activité physique est nécessaire à leur développement moteur mais aussi au bon développement de leurs capacités affectives et intellectuelles. Certaines composantes, comme le schéma corporel, la structuration spatiale et temporelle, sont d’ailleurs considérées par les spécialistes de l’enfance comme des prérequis importants aux apprentissages scolaires et notamment à l’écriture. Il est donc important en cette période de confinement de continuer à offrir à nos jeunes enfants ces moments en mouvements si nécessaires à leur construction et à leur épanouissement. Ces périodes d’activités physiques seront non seulement de véritables bouffées d’oxygène pour vos enfants, mais elles leur permettront aussi d’effectuer des pauses actives au cœur de leur journée scolaire effectuées à la maison.

Mais comment faire lorsque l’on se retrouve confiné en ville dans un appartement sans jardin pour sortir courir ? Comment trouver matière à l’action entre le salon et la table à manger, entre la cuisine et la chambre à coucher ? « En observant notre environnement et en faisant preuve d’un peu d’imagination », lâche Jean-Claude Farault, spécialiste des activités pour les moins de sept ans à la Fédération Française d’Athlétisme. « Un carrelage en dalle peut en effet se transformer rapidement en marelle et une chaise ou une table basse devenir un obstacle sous lequel ramper » ajoute-t-il. Le plus important à cet âge n’est pas l’activité en elle-même. Les enfants n’ont pas besoin de pratiquer un sport au sens général du terme, avec ses règles et ses contraintes, son terrain de jeu défini, ils veulent juste s’amuser en pratiquant une activité physique, c’est-à-dire en bougeant leur corps, en sautant, en courant, en marchant, en rampant, en mimant… « Avec les jeunes enfants, il est important de proposer des activités ludiques. Car sans appétence, il n’y a pas d’action, » rappelle Jean-Claude Farault, qui conseille toutefois de structurer le moment d’activité et de l’organiser dans le temps. D’autre part, si « l’Organisation Mondiale de la Santé recommande une heure d’activité physique par jour dont une demi-heure de manière intensive pour les enfants », le spécialiste prévient que « pour les enfants de moins de sept ans, il est préférable de séquencer ce temps d’activité en plusieurs séances de 15 minutes réparties sur la journée, en évitant la soirée afin de ne pas exciter l’enfant avant qu’il n’aille se coucher ». Bien placés dans la journée, ces temps d’activités physiques serviront de pause et de repères pour rythmer le quotidien.

Faire avec le mobilier disponible

Mais que faire au juste ? « On peut mettre en place des parcours moteurs avec trois ou quatre ateliers ou exercices que l’enfant peut enchainer plusieurs fois, mais on peut aussi décider de faire une seule activité dans une pièce donnée, l’idée étant à chaque fois de structurer la séance avec une entrée dans l’activité progressive, un temps d’activité un peu plus intense et une sortie d’activité qui ressemblera davantage à un retour au calme au cours duquel l’enfant pourra par exemple apprendre à se relaxer, allongé sur le sol. » Pour les parcours, il suffit d’observer son environnement et de composer en fonction du matériel que l’on a à disposition. Si vous avez du scotch de peintre, de la craie ou des cerceaux, vous pouvez aisément dessiner au sol une marelle, des lignes ou des cases dans lesquelles l’enfant pourra sauter à pieds joints ou sur un pied, effectuer des sauts avec quarts de tours, voire même y avancer à quatre pattes en plaçant une main ou un pied dans chaque case. Si vous avez des gobelets en plastique et des morceaux de cartons, vous pouvez fabriquer de petites haies à franchir en marchant, en courant ou en sautant. Vous avez des balles de jonglages en tissus ? Proposez donc à votre enfant de les lancer dans une poubelle vide en fin de parcours ou de les faire rouler en visant une zone que vous aurez préalablement délimitée. Un petit ballon ? S’il est relativement léger, votre enfant pourra tenter de le lancer à deux mains au-dessus d’une ficelle tendue entre deux portant de porte. « Nous, nous utilisons les ballons de baudruche pour faire des séances de volley au-dessus de la table, confie Caroline, mère de deux enfants de 5 et 7 ans. C’est la seule solution que nous avons trouvée pour jouer au ballon sans rien casser dans l’appartement ! ». Dans le 18e arrondissement de Paris, Virginie, elle, jongle entre la table basse, les tabourets et le canapé pour proposer un parcours d’explorateur à son fils de 4 ans, Théophile. « On a incliné le canapé lit et on a mis des coussins partout autour, après avoir rampé sous les tabourets, passé au-dessus de la table, Théophile escalade le canapé et il finit par un roulé boulé dans les coussins. Il adore ça… ! »

Jouer avec l’imagination des enfants

Explorer, mimer, se déguiser, les enfants adhèrent… N’hésitez donc pas à susciter l’imaginaire de votre enfant en créant des parcours thématiques. Il peut par exemple s’amuser à imiter la démarche des animaux : marcher accroupi comme un canard, ramper comme un serpent, avancer à quatre pattes tel un éléphant, sauter comme un lapin, rebondir comme un kangourou… et finir statique en équilibre sur un pied tel un flamant rose. Le parcours moteur lui n’a pas forcément besoin d’être long, mais c’est important de le faire évoluer au fil des jours et des semaines, en proposant des variantes dans la façon de se déplacer et en complexifiant l’exercice si l’enfant y parvient aisément en reculant par exemple la cible pour le lancer de balle ou en lui mettant quelque chose sur la tête pour effectuer les déplacements proposés. « N’hésitez pas non plus à impliquer votre enfant dans les propositions que vous lui faites, son imagination débordante pourra vous aider à inventer d’autres épreuves à réaliser » assure Jean-Claude Farault. En revanche, ne négligez surtout pas la sécurité et imposez des règles de fonctionnement à votre enfant avec un début d’activité et une fin, ce que l’on peut faire et ne pas faire. « Une chaise peut être intéressante pour faire travailler la motricité de l’enfant, mais cela reste un objet détourné qui ne sera jamais aussi stable qu’un plint. Il faut donc rester vigilant. » D’autant que la chute peut aussi faire partie du jeu et de la motricité mise en place. Il est donc important de veiller également à ce que le cadre de l’activité soit sécurisé. « On évitera de proposer un exercice dans lequel l’enfant peut être en déséquilibre juste à côté d’une petite table aux bords saillants, » prévient Jean-Claude Farault. Les entrées et sorties d’activité peuvent aussi être l’occasion d’apprentissages anatomiques, de prise de conscience de son propre corps : on tourne les poignets, les épaules, les chevilles, le cou, on bouge les doigts en nommant chaque partie de son corps. Allongé sur le dos, une main sur le ventre, on se concentre sur sa respiration et on apprend à se relâcher. « Les parents quant à eux, ne doivent pas se sentir obligé de participer » assure Jean-Claude Farault. « Cela dépend beaucoup de la relation qu’ils ont avec leur enfant et des exercices proposés, ils peuvent aussi bien endosser le rôle de partenaire, que d’être l’accompagnateur, le coach ou l’arbitre. » Chacun devant y trouver sa place et son propre plaisir, enfants comme parents. Car ne l’oublions pas ces temps d’activités doivent avant tout rester des moments ludiques. De véritables respirations dans ces journées confinées à huit clos.

Où trouver des exemples d’exercices et de jeux pour les jeunes enfants ?

Certaines Fédérations sportives mettent en ligne des vidéos de parcours moteurs pour les plus jeunes enfants : www.athle.fr/jeunesse/

www.ffgym.fr/Exercices_Videos_Confinement/Videos_BabyGym

Le site du Pass athlé de la Fédération française d’athlétisme montre en vidéo les différents ateliers proposés aux jeunes licenciés et le site de Dimasport répertorie toutes les fiches d’exercices du classeur « baby athlé » dans lequel entraîneur et instituteur peuvent puiser. Une mine d’informations. 

www.pass-athle.fr/C7ans.aspx

https://www.dimasport.fr/fr/baby-athle

Enfin vous trouverez d’autres liens et supports intéressants sur le site www.enfance-et-covid.org, créé en soutien à la parentalité en ces temps de confinement, et sur le très intéressant site « actif pour la vie »  ou exercices et jeux sont proposés : https://activeforlife.com/fr/

Texte et Photos Veronique Bury

Pour aller plus loin

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