Musique

Confinement : le jazz n’a pas le blues



À défaut de pouvoir diffuser ses bonnes ondes sur les scènes monde entier, la Journée Internationale du Jazz fera vibrer Internet ce jeudi 30 avril. Depuis le confinement, la musique propose des solutions de partage et de diffusion de cet art qui égaie les âmes et le quotidien. 

Wallace Roney, Manu Dibango, Ellis Marsalis… Le jazz aura perdu nombre de ses légendes dans la lutte contre le COVID-19. « Nous devons célébrer leur vie », confie Steve Bennett, le fondateur du Bennetti’s Jazz Blues Club dans la Haute-Vienne, mais aussi « célébrer le fait d’être ensemble, célébrer la musique et le jazz ». Un avis partagé par l’UNESCO et les organisateurs de la Journée Internationale du jazz qui ont appelé les musiciens et les mélomanes des sept continents à partager un zeste de leur swing, quelques unes de leurs notes ou de simples messages d’encouragement sur jazzday.com le 30 avril 2020.

Ceux-ci viendront s’ajouter aux multiples activités gratuites et au concert mondial programmés sur le site. Après diverses masterclass, conférences et contenus éducatifs pour petits et grands, tout le globe pourra onduler sur la voix de Dianne Reeves, souffler avec le trompettiste Joey de Francesco ou encore groover en compagnie du bassiste Ben Williams. « Le jazz, par essence, est une musique qui s’apprécie en live », affirme Yvon Botcazou, organisateur du festival Ô Château, dans les Côtes d’Armor. « Mais si on ne peut pas être ensemble pour partager ces moments, on le fait via d’autre canaux », ajoute-t-il. Contraint d’annuler le festival, Yvon Botcazou souligne l’importance de maintenir les célébrations pour « ne pas se laisser abattre et partager ce qui a été imaginé pour l’événement ».

Reconnaissance

Emmanuel Bouts, guitariste et fondateur du groupe lyonnais Lady Swing Quartet, acquiesce : « Le jazz a besoin d’être perpétré et cette journée crée une dynamique importante. Cela montre qu’on est là ». Faire exister la culture jazz, ne pas en oublier les racines, c’est exactement l’esprit initial de l’édition 2020, consacrée aux origines africaines de cette musique. Organisatrice de l’un des plus grand festival international depuis 2000, le Cap devait en être la ville hôte. Cette année aurait été l’occasion de faire briller l’émulsion créative du continent et de rappeler que le jazz est aussi vecteur d’une partie de l’histoire sud africaine : celle de l’esclavage et de la lutte contre l’Apartheid. « C’est une vraie occasion manquée », concède Steve Bennett « mais rien que le fait que cela ait été sur le point d’arriver, c’est un grand pas ».

Des valeurs fortes

La Journée Internationale du Jazz a été officiellement reconnue par l’UNESCO en 2011 puis en 2012 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Initiée par le musicien et ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO Herbie Hancock, le 30 avril est devenu l’occasion de célébrer cette musique, qui constitue un véritable outil diplomatique : « Le jazz est une culture commune », avance Emmanuel Bouts, « il nivelle tous ces problèmes d’ethnie, de haine, de mauvaise communication ». Steve Bennett confirme : « Peu importe que vous soyez jeune, vieux, noir ou blanc, le jazz est une question de partage et de passion ». Aujourd’hui près de deux cent pays se rassemblent chaque année en musique pour célébrer ces valeurs qui sont celles « de la paix, de l’amour, de la collaboration et du vivre ensemble », comme le rappelle Steve Bennett.

Par Clara Jaeger

 


Pour aller plus loin

Si vous voulez vous aussi vivre une journée sans coup de blues, rendez-vous sur le site jazzday.com. Si votre truc, c’est plutôt de consommer local, le Bennetti’s Jazz Blues Club vous accompagne avec son podcast en direct, le Festival Ô Château vous fera danser toute la journée et vous pourrez aussi revoir la vidéo que le Lady Swing Quartet a envoyé à jazzday.com.


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