Alimentation

Au Québec, des frigos ouverts à tous contre le gaspillage



Cet article a été initialement publié par Reporterre

Au Québec, des habitants installent dans la rue des frigos accessibles à tous pour partager les aliments destinés à la poubelle. Le mouvement rencontre un grand succès.

Des légumes, du pain, des biscuits, des conserves… Sébastien et David se faufilent entre les rangées de livres neufs et usagés jusqu’à la sortie de la librairie de la Flèche rouge, à Montréal, des sacs remplis de nourriture au bout des bras. En l’espace d’une heure, cinq personnes ont franchi le seuil pour venir jeter un œil à l’intérieur du réfrigérateur au fond de la boutique, échanger quelques mots avec la libraire, et repartir les bras chargés d’aliments. Sans dépenser un centime. Le frigo, baptisé « le Petit Pantagruel », s’est vidé petit à petit, jusqu’à ce que Mario et ses cartons pleins de fruits et légumes débarque dans la boutique pour le remplir de nouveau.

Le Petit Pantagruel fait partie de la vingtaine de frigos communautaires qui ont fleuri dans les villes du Québec depuis deux ans, dont une dizaine à Montréal. Au fond d’une boutique, à l’entrée d’un centre communautaire, sur le parvis d’une église, dans le jardin d’un particulier… les lieux sont divers, mais le principe est toujours le même : les frigos sont là pour accueillir de la nourriture préalablement destinée à être jetée. Quiconque peut venir y déposer ou prendre des denrées. « C’est un moyen de garder active la discussion autour du gaspillage alimentaire », glisse Pascale André, jeune propriétaire de la Flèche rouge. « Ce n’est pas un frigo de pauvres ! » insistent à l’unanimité tous ceux qui ont lancé un tel projet. « Beaucoup n’osent pas venir se servir, car ils préfèrent laisser la nourriture à ceux qui en ont le plus besoin, exprime Christine Adam, à l’origine du Fridge Amherst, à Montréal. Mais si, pour compléter un repas, ils peuvent récupérer gratuitement du pain qui était destiné à être jeté, qu’ils le prennent ! C’est un combat de gagné contre le gaspillage. »

Pascale André devant le « Petit Pantagruel ».

Au Canada, 40 % des aliments produits sont gaspillés tandis que dans le même temps, une part importante de la population peine à se nourrir. L’année dernière à Montréal, plus de 137.000 personnes bénéficiaient chaque mois de l’aide d’une banque alimentaire. Les frigos solidaires sont nés en réaction à cette double problématique, tout comme le mouvement du dumpster diving, pratique qui consiste à se nourrir à partir des poubelles de magasins. Sur une page Facebook de plus de 12.000 membres, les glaneurs montréalais postent des photos de leurs impressionnantes récoltes en indiquant le lieu où ils les déposent afin de les partager entre tous. « Je pratiquais

Le 15 mai 2017
© Kaizen, explorateur de solutions écologiques et sociales

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