Herboristerie

L'homme-plante, le nouvel herboriste

Comment aborder l’herboristerie au XXIe siècle ? À l’occasion du 5è Congrès des herboristes, les 8 et 9 avril à Angers, les acteurs de la filière ont débattu sur l’avenir du métier. Malgré son interdiction en France depuis 1941 sous le régime de Vichy, l’herboriste résiste et valorise sa connaissance des plantes médicinales auprès des citoyens de plus en plus demandeurs.

« Les plantes sont les premiers soins qui aient jamais existé », rappelle Patrice de Bonneval, président de la Fédération française des écoles d’herboristerie. Héritée de savoirs ancestraux, l’utilisation des plantes médicinales connaît un renouveau certain dans le paysage de la pharmacopée traditionnelle. Depuis la suppression du diplôme d’herboriste en 1941 sous le régime de Vichy, au profit du monopole des pharmaciens d’officine, les herboristes s’activent contre vent et marée pour faire reconnaître leur savoir-faire.

Au carrefour de la botanique, de l’agriculture, de la pharmacie, de la médecine et de l’anthropologie, l’herboristerie propose des remèdes naturels pour de petits troubles communs (digestion, sommeil, rhume, ménopause, stress, etc.) en guise de premiers soins, de compléments ou de prévention pour une meilleure santé. « Comme il faut peser nos mots, on parle de bien-être et de prévention. On ne parle pas d’utiliser les plantes pour soigner les maladies », précise Michel Pierre, président du syndicat Synaplante. Les herboristes ne sont pas en effet à l’abri de poursuites judiciaires engagées par le conseil national de l’ordre des pharmaciens, farouchement opposé au retour de ce métier en France. Moins virulents, certains médecins ou pharmaciens, reconnaissent pourtant la spécificité de cette pratique ancestrale. Julie Subirina, docteur en médecine et spécialiste en phytothérapie avoue que « le médecin n’a pas beaucoup de temps pour faire de la prévention » et qu’avec une bonne formation, un herboriste peut être un allié.

Les tisanes, faciles à consommer, ont de nombreuses vertus pour la santé.

Une formation indispensable

En France, six écoles privées proposent des formations en plantes médicinales avec des cours pluridisciplinaires en plusieurs années (botanique, anatomie, biochimie, diététique, etc.). Elles voient leurs ­effectifs croître chaque année, avec près de 1 500 élèves au total. On retrouve même des médecins et des pharmaciens dans les rangs des formateurs et des étudiants de ces écoles, puisque leurs parcours initial à l’université offrent peu d’heures d’étude des plantes. À défaut d’un diplôme reconnu par l’État, ces établissements délivrent un certificat reconnu par les professionnels de la filière. Fondateur de l’Ecole lyonnaise de plantes médicinales, Patrice de Bonneval explique que « dans le métier d’herboriste il y a cinq piliers ; la reconnaissance des plantes, la culture des plantes, la transformation des plantes, la vente et le conseil ».

Le conseil d’un herboriste est donc indispensable pour un usage approprié de la plante. Si les centres antipoison et de toxicovigilance en France relèvent peu

Le 14 avril 2017
© Kaizen, explorateur de solutions écologiques et sociales

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