Éducation

« L'enfant n'est pas un être de pulsions,
l'enfant est un être habité de besoins »
- Isabelle Filliozat



Entretien avec Isabelle Filliozat, psychothérapeute, directrice de l’École des intelligences relationnelle et émotionnelle (Eirem) et auteure de nombreux livres dont J’ai tout essayé ! Opposition, pleurs et crises de rage : traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans (JC Lattès, 2014).

Comment définissez-vous l’éducation positive ?

SEPT13

 

L’éducation ou parentalité positive est une approche empathique de l’enfant. On pose l’hypothèse que derrière les comportements, il y a des émotions et des besoins. On va alors se mettre à l’écoute de ces derniers plutôt que de tenter de contrôler les comportements. C’est donc aux parents, à tous les acteurs de la petite enfance, à tout adulte en contact avec des enfants d’écouter et de comprendre les émotions. Cette éducation se place dans une dynamique de non-violence, et dans la non-violence, il n’y a pas de jugement. Cette éducation est positive, non pour être en opposition avec quelque chose de négatif, mais parce qu’on va s’attacher à donner des ressources à l’enfant, plutôt que des limites. En résumé, plutôt que de dire « non », on va tenter d’enseigner à l’enfant comment faire.

Pouvez-vous définir ces ressources ? Et ce que vous nommez le « réservoir affectif » ?

Le réservoir affectif est une partie de ces ressources. C’est un mélange d’amour, de complicité, de temps passé entre les enfants et les parents. Ce n’est pas l’amour au sens « J’aime mon enfant », ça c’est un sentiment, mais ce sont des actes concrets : par exemple, combien de temps aujourd’hui l’enfant et le parent ont-ils passé ensemble ? Nombre de comportements excessifs des enfants sont liés au fait qu’ils sont stressés. Et s’ils sont stressés, c’est parce que le réservoir affectif n’est pas plein. Or, le réservoir affectif est en réalité un réservoir d’énergie adaptative. C’est du carburant pour réagir face au stress.

Pour autant, même si l’enfant reçoit beaucoup de tendresse, d’amour, que son réservoir affectif est comblé, il rencontre parfois des difficultés. Il ne sait pas toujours comment faire. Par exemple, sur un toboggan, un enfant de 2 ans qui est derrière un autre ne sait pas forcément s’il doit attendre ou passer, et s’il peut pousser, taper. On voit bien qu’il ne s’agit pas de lui donner plus d’amour : l’enfant n’a pas acquis une compétence sociale suffisante pour obtenir satisfaction de son besoin, donc, le parent enseigne à l’enfant comment faire. Dans ce cas, je lui enseigne à demander gentiment, je lui enseigne des gestes amicaux qui signifient qu’il veut passer, je lui enseigne peut-être d’attendre son tour. En résumé, je lui enseigne « des compétences », plutôt que de le culpabiliser et de lui dire : « Tu ne

Le 25 mai 2015
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« L'enfant n'est pas un être de pulsions,
l'enfant est un être habité de besoins »
- Isabelle Filliozat

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Sauvage le 14/08/2015 à 11:17

La seule façon de lever le doute sur l'efficacité des techniques proposées est de les tester. Science ou pas, là n'est pas la question...

Jean GABARD le 05/08/2015 à 17:52

Dans la vie intra-utérine, l'enfant ne peut pas communiquer avec l'extérieur dans la mesure ou il ne sait pas qu'il y a un extérieur et un intérieur

Dom GdziD le 05/06/2015 à 03:34

Ne pas oublier que l'enfant communique avec son environnement proche ET éloigné dès la vie intra-utérine!!!

Voir les nombreuses études réalisées par une grande pionnière, dans ce domaine, qui remonte à plus de 30 ans (Hé oui!) : Marie-Claire BUSNEL toujours aussi active.
Vous trouverez une abondante littérature, toujours d'actualité, en tapant son nom dans le moteur de recherche de votre choix ;-)

Benedicte le 03/06/2015 à 16:28

Merci pour cet vision positive de l'enfant!! Éduquer un enfant demande de l'accompagner (pas de le dresser!). Respect, patience, amour....sont autant de valeurs sur lesquelles il pourra se construire.

Bergeon brigitte le 02/06/2015 à 23:54

La théorie de l'attachement est comme les autres théories, tout empreinte d'idéologie! Plus l'idéologie se cache et se défend d'exister, plus elle est dangereuse car elle nous endort et nous empêche de penser...
Isabelle Filliozat a beaucoup d'expérience dans le domaine de la psychologie de l'enfance; mais dans cet article, elle assène des "vérités" sans les argumenter, et je ne suis pas convaincue par toutes ses affirmations, qui manquent pour le moins de nuances.

Camille M. le 28/05/2015 à 01:04

Merci pour votre commentaire Luco !

Luco le 26/05/2015 à 13:41

@sicaud. Bien que nous puissions généralement distinguer plutôt qu'opposer les approches, je crois que la psychanalyse est bien radicalement opposée à d'autres approches bien plus utiles et valides : d'une part, elle-même rejette tout ce qui n'est pas elle (elle se met en position de tout juger et contrôler, ce qui revient, le jour où assez de gens expriment leur désaccord, à terme, à s'exclure elle-même) ; et, d'autre part, son épistémologie est complètement dépassée (ne passons pas sur ses contenus délirants et son histoire pas très honnête...). Au contraire, il y a ici une approche ouverte, non dogmatique, et ça fait du bien :-) La psychologie n'étant toujours pas une science (pas plus que la médecine ou l'architecture), une pratique plus mûrie qu'imposée par des dogmes est une bonne nouvelle. Une approche qui observe et relie. Je n'utilise pas cette approche, mais j'apprécie de la découvrir et je trouve le propos très en phase avec bien des situations que nous pouvons observer. Un angle de vision, aussi, qui intègre les éléments dans un logique dont le jugement est écarté autant que possible, pour mieux respecter les personnes ; ça nous change de la psychanalyse...

sicaud le 26/05/2015 à 11:09

Pourquoi une théorie doit toujours se poser en s'opposant. Théorie de l'attachement et psychanalyse ne sont pas antinomiques. Elles proposent juste des pistes complèmentaires de compréhension de l'humain. Que l'on entend pulsion ou besoin, le message est le même, l'enfant a besoin de l'adulte pour se comprendre et comprendre le monde qui l'entoure.

Delta le 26/05/2015 à 00:25

Elle s appuie sur les neurosciences.

un indien dans la ville le 25/05/2015 à 16:22

Ouais bon, la psychologie n'étant pas une science, son avis n'engage qu'elle.