Éducation et Pédagogie

Enfant précoce : retrouver le bonheur d’apprendre



 

Contrairement à ce que l’on imagine, être un enfant intellectuellement précoce (EIP) ou à haut potentiel (EHP), selon le terme aujourd’hui consacré [1], n’est pas un gage de réussite. Pourtant, si chacun fait sa part, ces enfants peuvent redécouvrir le plaisir d’apprendre, s’épanouir et employer leur différence comme une force au service des autres.

 

«À l’école primaire, Amandine refusait d’aller en classe prétextant qu’elle s’ennuyait, explique Noëlle, sa maman. Elle ne s’intéressait pas aux cours, présentait des problèmes de dysgraphie et de dyslexie, et on sentait peser sur elle une tristesse inouïe.» Noëlle se documente et décide de lui faire passer un test de QI qui révèle sa précocité [2]. Une initiative heureuse si l’on considère, ainsi qu’en témoigne Jean-Michel Audoual, professeur principal d’une classe accueillant des EHP au collège Sainte-Marthe Chavagnes d’Angoulême, que «50 % des EHP qui arrivent au collège sont en échec scolaire».

 

Des difficultés qui s’expliquent sur le plan neurocognitif (lire l’entretien avec Olivier Revol) et résultant en général d’un défaut de repérage précoce. «Souvent, dès la naissance, un EHP se différencie par son regard vif, sa curiosité et son tonus, explique Vlinka Antelme, présidente de l’Association française pour les enfants précoces (AFEP). Ensuite, il peut être identifié par son parler précoce, la richesse de son vocabulaire, sa grande curiosité et sa mémoire très efficiente.» C’est donc dès la maternelle qu’il faut prendre en compte ces particularités et se faire conseiller. À noter que les EIP représentent, selon les différents travaux et études, de 2 à 5 % des élèves, quels que soient le milieu social et l’environnement familial.

 

 

Ne pas rester seul

«Avant de consulter un pédopsychiatre ou un psychologue, explique Jean-Michel Audoual, le premier réflexe consiste à rencontrer l’enseignant afin d’évoquer les résultats, le mal-être, l’ennui ou l’attitude contradictoire de l’enfant, sage à la maison et intenable à l’école.» Cette démarche peut être utilement associée à un test de QI (lire encadré) qui permettra de confirmer le HP.

 

Cela dit, si certains enseignants ou responsables d’établissements sont ouverts et capables d’appréhender les spécificités pédagogiques des EHP, tous ne sont pas enclins à s’intéresser à ce profil d’élèves. «Lorsque nous avons envisagé de faire sauter une classe à Amandine, l’institutrice nous l’a vivement déconseillé, s’appuyant sur le fait qu’elle faisait des fautes», poursuit Noëlle. Quant à Françoise, elle a très vite «lâché l’affaire», l’enseignant ayant trop à faire avec son triple niveau pour s’attarder sur les facilités de son fils. «À l’âge de 6 ans, Antoine lisait beaucoup, avait une capacité d’analyse surprenante et tenait des discussions presque philosophiques sur le sens de la vie, explique-t-elle. Face à la réaction de son instituteur, il nous a semblé préférable de chercher à voir ce que nous pouvions faire pour aider notre enfant à s’épanouir et à s’intégrer.» Françoise adhère à l’AFEP, assiste à des conférences et rejoint des groupes de discussion qui lui permettent de cheminer et de prendre la décision de changer son fils d’école et de lui faire sauter une classe.

 

Le 13 février 2019
© Kaizen, explorateur de solutions écologiques et sociales

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