Animaux et Nature

Dianken, un refuge pour les animaux sauvés de l’élevage intensif

Par Marie Boetti, le 12 octobre 2020

© Marie Boetti

Alors que la Commission européenne a six mois pour examiner une pétition en faveur de l’interdiction des élevages en cage, des citoyens se mobilisent tous les jours pour la protection des animaux. François et Solen, à l’origine de l’association antispéciste Dianken, recueillent depuis 2018 des bêtes maltraitées, abandonnées et réformées. Une retraite bien méritée.

Une fois la rocade de Rennes passée, les champs bretons traversés, le caquetage des poules et le bêlement des brebis se font entendre. Derrière la bergerie en pierre et le portillon en bois, plusieurs espèces d’animaux issus de l’élevage intensif gambadent sur une prairie de 2 hectares, dont 2000 mètres carrés de verger. L’un d’eux, une chèvre, s’approche de François, de l’association Dianken, pour lui réclamer des caresses sous le soleil matinal. Recouvert d’un pelage marron caractéristique de l’Alpine, ce caprin prénommé Chatouille a échappé à l’abattoir. Un sort réservé à tous les mâles de son espèce, considérés comme un sous-produit de l’industrie laitière. «Il a connu l’élevage peut-être 15 jours. Après, il a été sauvé. C’est le plus gentil, c’est parce qu’il a été élevé au biberon», précise le Rennais de 32 ans, sourire aux lèvres.

Aujourd’hui, Chatouille partage son enclos, entouré par des agriculteurs et des chasseurs, avec quelques uns de ses congénères, des boucs, des béliers et des brebis. Comme la plupart d’entre eux, son sauvetage s’est déroulé par le biais de Bêtes de scène, une association chargée de les proposer à l’adoption à l’aide de familles d’accueil. De temps en temps, François et Solen, tous les deux véganes, se voient sollicités par les éleveurs eux-mêmes. «Il y en a qui n’aiment pas voir leurs bêtes partir à l’abattoir, dans les élevages laitiers par exemple. C’est un peu antinomique», pointe le développeur web.

Dianken, opposée à toutes les dominations systémiques*, n’admet aucun critère de sélection. La priorité ? Voir les animaux s’épanouir dès leur arrivée. Certains découvrent l’herbe pour la première fois, comme Peppa, une truie peinte en bleu blanc rouge pendant la Coupe du monde de football en 2018, puis laissée à l’abandon à seulement deux mois. Un acte de maltraitance qui lui permet de s’extirper du milieu des élevages industriels où vivent 95% des cochons en France**. En ce mois d’octobre, elle fouille le sol avec son groin et retourne la terre aux côtés de Pumba, un petit compagnon arrivé en début d’année. Elle se nourrit désormais de céréales, de légumes et de fruits.

Peppa, une truie laissée à l’abandon à seulement deux mois. (© Marie Boetti)

Tranquille et serein

Membre du Collectif rennais pour l’Égalité animale et sensibilisé à ces questions depuis ses 20 ans, François se dit antispéciste. Il considère les êtres vivants «sentients» – doués de sensibilité – avec le même intérêt : «S’ils sentent les choses comme nous, il n’y a aucune raison de les exploiter comme si c’était une fourchette ou un stylo.» A contrario, «le spécisme est considéré que nous avons un droit de vie et de mort sur eux».

Chaque matin, le trentenaire parcourt leur terrain, acheté avec la maison grâce à un prêt remboursé dans 13 ans, pour nourrir les deux cochons et les huit poules, les caprins s’alimentant de foin et d’herbe. Il vérifie l’état de


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