Économie & Gouvernance

Comment monter et faire vivre un groupe citoyen ?



Ivan Maltcheff, ancien DRH, accompagne aujourd’hui les collectifs et les individus pour les aider à « agir et être ensemble ». Il est l’auteur de l’ouvrage Les nouveaux collectifs citoyens paru aux éditions Yves Michel.

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Constatez-vous une hausse du nombre de regroupements de citoyens mobilisés pour soutenir des enjeux sociaux et écologiques ?

A ma petite échelle, oui. Tous ceux que je croise sont préoccupés par les mêmes questions de base : Comment faire corps ensemble, comment se relier, entre personnes, entre mouvements, etc. Tous ont cependant le souci de préserver leur identité, de ne pas être assimilés ou ralliés à une bannière. Ils veulent être unis en gardant leur diversité.

Quels types d’actions lancent-ils ?

Nombre d’entre eux (les moins de 50 ans surtout) ont abandonné l’idée que les politiques peuvent changer quelque chose. Ils se réunissent donc pour peser, avec un mélange d’espérance et de désespérance, sur les décisions. Soit en lançant des projets, soit en faisant pression.

Quelles difficultés rencontrent-ils ?

Quand on décide d’agir ensemble, on rencontre toujours les mêmes problèmes : trois ou quatre s’échinent à porter le projet sans le soutien des autres, on gère mal les désaccords, certains prennent le pouvoir, on régule mal la parole pendant les réunions.

Les collectifs que je vois ont envie d’acquérir des méthodes alternatives : décider démocratiquement mais efficacement, sortir du chef et de la pyramide, ne pas sacrifier la qualité d’être.

Et c’est souvent le vide sidéral, ils ne savent pas comment procéder. Les quelques clés que je leur donne changent vraiment les choses, c’est comme s’ils découvraient qu’il existe un nouvel alphabet dont ils apprennent les premières lettres.

Quelle est selon vous la bonne démarche pour créer un groupe et le faire fonctionner ?

Il est nécessaire de se poser quelques questions préalables :

  • Que veut-on faire ensemble ?
  • Chacun a-t-il voix au chapitre pour en décider ?
  • Comment veut-on agir ?
  • Jusqu’où chacun est-il prêt à s’impliquer ?

Vient alors ce travail d’allers-retours entre nos envies, nos rêves et la réalité. Il n’est pas rare que des envies gigantesques ne soient pas du tout en adéquation avec le temps et l’énergie que le groupe pourrait y consacrer.

Ensuite, il est nécessaire pour le groupe de se construire un système de pilotage simple avec quelques règles du jeu :

  • Comment décide-t-on ? (main levée, consensus ?)
  • Qui décide de quoi ?
  • Comment règle-t-on nos désaccords et nos différends ?

Pour cela, le groupe peut se doter d’une charte relationnelle et choisir de faire une place au vécu et au ressenti dans le groupe à des moments bien précis. Je dirais qu’il est bon de consacrer 2/3 ou 3/4 du temps à l’action et le reste à réfléchir à la façon d’être et de faire ensemble.

Enfin, il faut repérer la zone de plaisir, de joie. Si cet indicateur n’existe pas, le projet sera mort-né. C’est le moteur et le carburant du groupe. Il faut donc prendre du temps pour réactiver plaisir et joie en permanence !

 

Extrait du dossier Plus fort ensemble de Kaizen 11, réalisé par Cyril Dion, Frédérique Basset et Pascal Greboval.

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