L’ORSE LANCE UN GUIDE POUR PASSER À L’ACTION
Face à l’urgence écologique et aux transformations du marché du travail, chaque métier doit évoluer pour intégrer des pratiques plus durables. Mais comment structurer cette mutation sans bouleverser les organisations ni accentuer les inégalités professionnelles ? L’Observatoire de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (ORSE) apporte une réponse concrète avec son nouveau guide méthodologique, dévoilé le 6 février 2025 lors d’une webconférence.
Son objectif : outiller les entreprises et leurs services RH pour faire émerger des éco-métiers, en misant sur la formation continue plutôt que sur un renouvellement massif des effectifs.
FAIRE ÉVOLUER LES COMPÉTENCES PLUTÔT QUE RECRUTER
Plutôt que de chercher à embaucher systématiquement de nouveaux talents pour répondre aux enjeux environnementaux, le guide de l’ORSE met l’accent sur la montée en compétences des salariés déjà en poste. Cette approche présente plusieurs avantages :
✅ Sécuriser l’emploi et l’adaptation aux mutations du marché du travail
✅ Réduire l’empreinte carbone du recrutement en limitant les coûts liés aux processus d’embauche
✅ Faciliter l’intégration des enjeux RSE au sein des organisations, en capitalisant sur les savoir-faire internes
L’ORSE rappelle que chaque métier, quel que soit le secteur d’activité, peut être repensé sous l’angle de la durabilité. L’enjeu n’est pas uniquement d’accompagner l’émergence des métiers verts, mais aussi de transformer les fonctions existantes :
- Un responsable achats peut intégrer des critères environnementaux stricts dans ses appels d’offres.
- Un technicien de maintenance industrielle peut être formé à la réparation et à l’optimisation énergétique des équipements.
- Un chef de projet digital peut veiller à limiter l’empreinte carbone des infrastructures numériques et du stockage des données.
UNE MÉTHODOLOGIE EN QUATRE ÉTAPES POUR STRUCTURER LA TRANSITION
Le guide s’appuie sur une méthodologie en trois étapes clés pour structurer la transformation des métiers :
1️⃣ Évaluer les compétences existantes et fixer des objectifs : Identifier les savoir-faire à développer pour répondre aux enjeux environnementaux.
2️⃣ Concevoir des parcours de formation adaptés : Proposer des modules spécifiques pour accompagner l’évolution des pratiques professionnelles.
3️⃣ Expérimenter et évaluer l’impact : Mettre en place un suivi des transformations et ajuster les formations en fonction des résultats.
Une quatrième dimension s’impose : la transformation sociale de l’entreprise, qui doit associer les collaborateurs à cette évolution. L’ORSE insiste sur la nécessité d’intégrer les partenaires sociaux et les représentants du personnel dans la démarche, afin d’assurer une transition juste et inclusive.
UNE TRANSITION QUI PASSE PAR LA FORMATION CONTINUE
Pour éviter les « fractures écologiques » au sein du monde du travail, l’ORSE plaide pour une mobilisation massive de la formation continue. Aujourd’hui, seules 25 % des formations professionnelles intègrent un volet environnemental, alors que la transition écologique concerne tous les secteurs.
Le guide souligne ainsi l’importance d’intégrer les soft skills dans les formations : capacité d’adaptation, intelligence collective, gestion du changement. Les référentiels métiers doivent évoluer pour permettre une montée en compétences progressive et adaptée aux réalités du terrain.
DISPONIBLE GRATUITEMENT POUR LES ENTREPRISES ENGAGÉES
Pour accompagner les entreprises dans cette transition, le guide de l’ORSE est disponible gratuitement en téléchargement sur le site de l’organisation (www.orse.org). Il s’adresse aux responsables RH, aux équipes RSE, aux syndicats et aux organismes de formation qui souhaitent structurer une approche durable des compétences.
La question n’est donc plus de savoir si les métiers doivent évoluer, mais comment organiser cette transformation pour en faire un levier de résilience et d’innovation. Une chose est sûre : les éco-métiers ne sont pas une tendance, mais une nécessité.